vendredi 26 septembre 2014

Extrait de Résignation, Friedrich Schiller




J’aime tous mes enfants d’un amour égal, s’est écrié un génie invisible : il y a pour les enfants des hommes, pour le sage qui sait les discerner, deux fleurs : on les appelle Espoir et Jouissance.


« Que celui qui a cueilli une de ces fleurs n’espère pas avoir l’autre. Que celui qui ne peut pas croire cherche la jouissance. Cette loi est éternelle comme le monde. Que celui qui peut croire sache attendre. L’histoire du monde est le jugement du monde.


« Tu as espéré, voilà ta récompense. Ta foi, voilà ton bonheur ; tu peux interroger les sages : ce que l’on retranche d’une minute, l’éternité ne le rend jamais. »





jeudi 18 septembre 2014

Un cas de combustion spontanée



quand j'ai envie d'arrêter de boire
quand j'ai envie de t'épouser
d'arrêter de racler la monnaie
pour me sentir aise
au moins le temps d'une lune

quand j'ai envie d'arrêter de boire
c'est surtout parce qu'on est le seize
et que mon compte est dans le rouge
et que je dois ruser pour m'approvisionner
comme n'importe quel serin moyen

je pourrais égorger un frangin
ou lui vendre un truc du futur
mon génie dans une chambre obscure
ma nullité contre un surin

et au milieu je lui dirais :

que je me sens comme une merde
à part la chanson du gravier
j'ai trop rien d'autre à te chanter
quand j'ai envie d'arrêter de boire

quand les boutiques auront ces bornes
à décoder les alcooliques
on arrêtera la huit six
je prendrai plus la peine d'entrer

peut-être aussi que j'arrêterai
de voir des barques sur la terre
de comploter pour de l'éther
on me remettra en chantier

mais si tu n'as pas transpiré
dans tes chaussures d'homme maigre
à bousculer de la rombière
au milieu du rayon picole

tu peux pas bien comprendre
ce que je dis quand je te dis
quand j'ai envie d'arrêter de boire
quand j'ai envie de t'épouser

quand l'aube aura des pompes propres
et pas des pieds de souillon vache
quand il y aura de l'avenir
j'aurai mon stand de tir aux lâches
je me viserai en premier


vendredi 12 septembre 2014

Orenda



il n'y a
plus d'eau
ni de mots
pour détresser
la nuit

la rendre
vive au jour et
tout recommencer

il n'y a plus
d'orichalque
et pas plus de
tambour

à frapper
contre soi
quand l'herbe
déverdit

et les chansons aussi
sont parties
dans la neige

elles ne
reviendront pas
même au prochain
soleil

et les chansons aussi
ont un goût
que n'allègent

ni le vin
ni le ciel
ni ton bras contre
le mien

il n'y a
plus d'eau
ni de mots
pour atteindre
la nuit

pour lui ôter
le cœur
et pour le remonter

pour montrer 
patte blanche et
souffler la flammèche

avant l'obscurité
sur l'asile
et les buis

il n'y a
plus d'eau
ni de mots
pour atteindre
la nuit