mercredi 16 avril 2014

Au centre médical et psychologique



il y a cette chanson rassie
sur la pelouse du CMP
c'est le soleil sur les pâquerettes
printemps trois par quatre en sursis

je rentre et on me fait attendre
personne ne sait qui je suis
on ne demande pas mon nom
questionnaire clinique en dix minutes
puis je ressors avec ma femme

et je pense aux fureurs assises
sur du formica délavé
qui attendaient que j'aie parlé
pour pouvoir parler à leur tour

je vois leurs gueules de travers
leurs yeux qui roulent comme des lunes
comme des lampions dans le ciel
le soir de la fête des morts

leur feu contraint par des barrettes
de vingt à cinquante milligrammes
y en a assez pour t'évoquer
les rapines au magasin de bonbons
les poches pleines et l'esprit vide

assez pour que ton âme mette les bouts
vers Oaxaca ou Gijón
sans que personne dans ce monde 
ne vienne réclamer le corps


5 commentaires:

  1. bon à quand un recueil de tes poèmes Al ?
    :)

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    1. Quoique sur un ton différent, il y avait "Poèmes écrits dans ma voiture" qui n'a pas trouvé preneur auprès des maisons d'édition qui m'enthousiasmaient, quand il s'est pas carrément fait pisser dessus par d'autres maisons dont j'ai compris depuis qu'elles n'avaient rien d'enthousiasmant. Depuis, je me dis, no recueil, que pour le blog. C'est un peu acerbe mais c'est comme ça. Je suis heureux de te revoir par ici, té !

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    2. je passe toujours par là sur la pointe des pieds, bon tant pis pour le recueil, l'essentiel c'est te lire :)

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  2. Oui, Oaxaca, oui Gijon, oui, Al!

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    1. Merci Sylvie. En dehors des échanges littéraires, je suis désolé d'être un mauvais ami et de ne pas être parvenu à gagner Boulbon à cette heure pour vous embrasser tous deux.

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