mercredi 20 novembre 2013

Nicolas Boudin - oeuvre dernière cherche éditeur


Dans l'un des textes que les Cahiers d'Adèle m'ont fait la joie de publier, je dépeignais la marche volontaire d'un auteur vers la mort. Ce dernier écrivait un récit de suicide intitulé la Romance Dernière, titre que je n'avais pas choisi tout à fait au hasard, ni en complète conscience - les détails de ce choix, du reste, ne nous intéressent pas ici. La présence de ce récit dans un de mes récits n'était pas un pur artefact, mais aussi une réponse, un repoussoir face à ma propre exigence de néant. Aussi ai-je été bouleversé de recevoir récemment un mail ayant en objet "La Chose Dernière", mail émanant de la poétesse Laura Vasquez avec qui j'avais tantôt partagé le sommaire dans la revue pré-citée. 


Mais : le monde dans lequel ce message me convoquait n'avait plus grand chose à voir avec la tragédie comme moyeu fictionnel dans ma propre économie de pensée, puisqu'il s'agissait du monde de Nicolas Boudin, le monde-trou bien réel, bien effectif, créé par son suicide au mois d'octobre. Nicolas Boudin, peintre et auteur, est parti sans bagage, dans le dénuement de sa propre vérité, pour ainsi dire, mais il laisse beaucoup : des œuvres que je vous convie à aller voir sur sa page, mais également un récit de ses derniers jours sur terre, 8 jours sous le soleil, dont les extraits distillés sur le blog de Laura Vasquez laissent entendre ce terrible orage que la lucidité déchaîne au fond d'un cœur. 

Cette oeuvre dernière cherche un éditeur - et précisément parce qu'il s'agit d'une oeuvre qui nous inspire une horreur saine, celle de notre finitude, et de l'infinie liberté dont nous disposons malgré tout à son égard, je crois avec Laura Vasquez qu'elle doit être éditée. 


"On ne croit pas en ce que l'on dit du monde, de soi ou des autres si on n'a pas, au même moment, pleinement conscience qu'on va mourir" nous dit Nicolas Boudin, ou encore : "Je sais qu'en écrivant ce que j'écris maintenant, j'épuise ce qu'il reste de sens à ma vie pour en donner à mon oeuvre.Chacun des mots pèse comme une cartouche dans la paume de la main - chacun de ses mots me pèse, à la fois personnellement et universellement, et peut-être voudrais-je au fond que ce poids puisse être partagé. 


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