mardi 30 juillet 2013

Le parler des vents futurs #7 - Barbie tue Rilke



Quand je parlerai fort, je parlerai sans peine. Je serai la totalité totémique que vous avez désavouée, je serai l'autre versant du Styx. Nul mot ne sera formé de ma bouche qui ne soit dévisagé comme un étranger dans la foule, nulle supernova ne sera formée dans le néant qui ne provienne d'abord d'une exigence de néant. 
C'est moi qui dirait arbre ou salope de la même veine saillante à l'intérieur des muscles. Toi qui as couvé la mort des blés à jeter à la face des enfances, toi qui t'es entravé par toi-même, grand garçon poussant vers l'Ouest de tout son rachitisme, tu me demanderas si j'ai la cloche juste à faire sonner sur la mer, et je te répondrai en tout état de cause "rien de plus". 
Pâtres sans cadence, bébés déshérités qui expulsez vos humeurs vers la toile de l'araignée au matin, pensez aux pauvres, à ceux qui n'ont plus d'yeux, plus de fauves pour enserrer le troupeau, plus de gorge à tendre sous la source fraîche.
Je suis le fils de ce qui a été tué de façon première, quand le oui et le non étaient des têtards dans un sarcophage. Je n'ai pas demandé à ce que les questions soient tranchées du revers sinople et azur de l'épée, je n'ai rien demandé. 
Qu'au fond de vous, vous puissiez penser avec justesse et sincérité que la vérité est une baleine, un chas d'aiguille à enfiler, ou une pute miroir devant l'inconvenance de votre désir, cela m'importe moins chaque jour. 

2 commentaires:

  1. C'est vraiment très bien ce que vous faites. Voilà un texte qui se prête à la voix haute sur fond de rock progressif pourquoi pas.

    RépondreSupprimer
  2. Alors c'est peut-être une mission pour Franck Oslo Deauville s'il reprend ses émissions !

    RépondreSupprimer