lundi 13 mai 2013

Poème pourri



Un peu de soleil entre les branches
Je me suis dit
Quand j'ai tiré le tabouret
Un peu de soleil bourré
Un peu de soleil en épines
Un peu de soleil assoiffé
Si t'en veux une autre gorgée
Il faudra t'astiquer la pine

Un peu de soleil en fusée
Pour se défaire de ce qui est fait
Et quand le soleil se débine
Il faut bien planter et replanter 
Les clous

Un peu de soleil qui ressemble
Au portrait de la vieille pute
Et des promesses dans une main
Et un paquet de ronces dans l'autre
Un peu de soleil qui a le goût
De rien et demain rien de plus

Un peu de soleil sur le dos
Quand j'ai tiré la corde à linge
Un peu de soleil pour le singe
Qui me bouffera le cerveau
Si je reste encore une minute

Un peu de soleil sur les pieds
Pour me conduire vers la cendre
Un coup de canif au contrat
Vers le dégel ou vers décembre
Tous ces gravats qu'on fout à l'eau

Tous ces cercueils qu'on amenuise
Dans l'ombre du crématorium
Toute cette vie qu'on déguise
Dans les joyeux sanatoriums
Tu dois me prendre pour un cave

Qu'a rien capté de la noblesse
Qu'a rien capté du jour qui fuit
Qu'il faut cogner avec tendresse
Tu dois me prendre pour un cave

Le soleil du four s'est levé
Moi je regarde bien la pointe
De mes orteils auréolés
Partir en flammèches qui flanchent
Sérieuses et puis distinctes
Et puis éteintes
Un peu de soleil entre les branches
Je me suis dit

8 commentaires:

  1. Vous avez réussi un exercice sacrément casse gueule !

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    1. Avec les répétitions, vous voulez dire ?

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  2. Ben, Dominique a raison : quand tu donnes un coup de pied dans le tabouret, tu te casses immédiatement la gueule.

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  3. Je risque sérieusement de le lire à voix haute un de ces jours.
    j'aime beaucoup

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  4. Moi aussi j'aime ce tabouret qui se débine...

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