lundi 6 mai 2013

Le parler des vents futurs / Cas-type : le salopard pare-balles (chronique parue dans le supplément musique des Parages, verset 8)

En dépit des pyrogravures boum boum qui ont fait la joie de quelques philologues de l'absurde (Brian Rouste, pour ne pas le citer), en dépit des arabesques soniques qui ont bâti les nuits du port pour au moins deux bonnes semaines, il faut reconnaître que la  nouvelle fournée d'Allan Mitchell Denton ressemble à une chaussette molle tirée de l'essorage. Plantureuses divisions nées de la fleur de l'âge, les échos de son premier album "I want you fucked dead" avaient fait croître en nous les semences de lendemains irrésistibles, avaient laissé filtrer vers le plafond de la canopée des augures enchanteurs pour le devenir de l'holopop. Las, c'est au désœuvrement et à l'abus d'héxène que l'on doit ces visions de seconde main. Composés dans le manoir du Saint Mécanique, bénie soit sa grosse queue, à grand renfort de claviers malades, les quatre morceaux tristouilles de "Estella Blain will have her revenge on Paris" laissent à penser que le plan va se dérouler comme prévu, qu'on va encore entendre s'effriter sous nos oreilles un assassin monté de toutes pièces. On perçoit pourtant les fantômes des complaintes qu'on vénérait sur "Overland Park", mais la gelée plasmique des arrangements de Böhring relègue le morceau dans la cale de n'importe quel autre navire du genre. On attendra avec une conviction modérée le prochain soubresaut du chanteur, qu'on vient d'apercevoir en train de s'injecter du guano près du quai 7 (plan en pièce jointe sensitive, cliquez sur la partie de votre cerveau correspondante, à discrétion de votre modérateur). La chronique de mon estimé collègue Randolph Carter est tombée deux nanosecondes avant la mienne, on pourra estimer qu'il a la primauté sur la description des marais dans lesquels Denton nous invite à nouveau à copuler, mais il est de bon ton de doubler parfois la donne quand le besoin s'en fait sentir. On n'est jamais assez saturé. Votre estimé chroniqueur, etc...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire